Plongez dans l’histoire du Château du Cléray

L’histoire du Château du Cléray …

d’hier à aujourd’hui

 

Le Domaine du Cléray en 1680 à 1820

L’ancien Château du Cléray

L’ancien manoir du Cléray était probablement modeste. Quand Louis de la Fontaine, hérite en 1570 de sa tante Anne Le Beveurs, Dame de Briacé, il préfère, ainsi que ses héritiers, résider au Château de Briacé. Néanmoins, le domaine semble prendre de l’importante au XVIIIème siècle avec les familles Viaud et De Bruc.

Nous connaissons le château grâce à l’atlas cadastral de 1812 et à l’inventaire du domaine, réalisé en 1820 pour sa mise en vente, après le décès du Comte de Bruc. Avec ses trente portes et fenêtres, l’ancien château du Cléray était, d’après le cadastre, le logement le plus important de Vallet. Le rez-de-chaussée était occupé par diverses pièces de service, la cuisine, le fournil, les chambres des domestiques et même un magasin. Un escalier de pierre conduisait à l’étage noble. Un beau jardin d’agrément entouré de murs et orné d’une pièce d’eau s’étendait  au sud du château. Les dépendances nécessaires à un grand domaine entouraient le château. La métairie du Cléray était d’ailleurs construite dans le prolongement même du château.

 

La terre du Cléray

En 1820, les héritiers de Claude Louis Marie De Bruc vendent une propriété considérable, puisqu’elle s’étend sur 393 hectares, dont la moitié est exploitée directement par le propriétaire et le reste partagé entre 8 métairies.

L’essentiel du domaine dépendant directement du château est constitué de 109 hectares de vignes à complant et 28 hectares de bois. Les terres labourables et les prés sont exploités par huit grosses métairies couvrant 231 hectares. C’est un des grands domaines valletais.

 

Les personnalités du Cléray

Des acteurs des guerres de Vendée

Le comte Claude de BRUC du CLERAY, né à Nantes en 1755 – Mort au Cléray en 1819

et sa femme Marie DANGUY de VUE  (tuée au fief Sauvin, le 28 février 1794)

A l’automne 1793, le Comte De Bruc Du Cléray et son frère cadet, le chevalier Michel De Bruc De Liverniere prennent dans le vignoble la tête d’une bande qui affronte les colonnes infernales. Le 1er février 1794, ils provoquent la déroute du général Cordelier. Ensuite, « le brave général De Bruc » et son frère combattent avec Charrette. Quelques femmes, celles qu’on appelle les « Amazones », combattent aux côtés de Charrette. La plus célèbre d’entre elles est Marie Danguy de Vue, la femme de Claude De Bruc du Cléray. Le 28 février 1794, la comtesse de BRUC du CLERAY chevauche aux côtés de son mari et stimule le courage des paysans. Mais son cheval s’épuise et elle se trouve isolée. Elle perdra la vie au cours du combat.

Un notable conservateur sous la Restauration

Charles RICHARD DE LA VERGNE (1766 – 1829)

Charles Richard De la Vergne achète le Cléray dans les années 1820-1824. Il appartient à une famille de vieille bourgeoisie Nantaise. Il fait des études médicales et est reçu docteur en 1785 (à 19 ans !). En 1815, il est élu conseiller général de Loire-Inférieure, il est nommé conseiller de Préfecture l’année suivante.

Un Cardinal archevêque de Paris

François Richard de la Vergne (né à Nantes, 1819 – mort à Paris, 1908)

Son père est médecin et riche propriétaire. Il est cousin et oncle des propriétaires du Cléray. En 1871, il est nommé évêque de Belley, dans l’Ain. En 1886, il est nommé archevêque de Paris, trois ans plus tard, le pape Léon XIII lui accorde la barrette de Cardinal. Par ses fonctions et par son âge, il est le doyen des cardinaux français, appelé à parler en leur nom au gouvernement, au Pape et à transmettre aux évêques français les ordres de Rome.

 

Pourquoi construire un nouveau château ?

 

Un château de style italien

Il semblerait que ce soit la veuve Jean RICHARD de la VERGNE qui décide de raser le vieux château et ses dépendances en 1842 – 1843. Le nouveau château est construit à l’emplacement de l’ancienne cour des communs et conserve probablement le puits qui en occupait le centre. Ce chantier n’est pas isolé dans le vignoble. Beaucoup de châteaux sont reconstruits ou fortement remaniés. Tous le sont dans un style italianisant inspiré de la Garenne-Lemot à Clisson.

Il s’agit probablement pour le commanditaire de s’offrir un cadre de vie et de réception confortable et conforme à sa fortune. Mais il s’agit aussi d’une modification des mentalités et du mode de vie bourgeois. Dans l’ancien château, la maison des métayers, les bâtiments agricoles, étaient imbriqués dans la demeure et le jardin du maître. Celui-ci souhaite désormais protéger son intimité et séparer nettement son lieu de vie, le château et son parc, des espaces agricoles, potager, dépendances, métairies ….

Le château est de forme massive, avec ses toitures couvertes d’ardoise et ses parements de tuffeau, il est caractéristique des belles demeures de l’époque de Louis-Philippe. Jadis, une galerie surmontait la toiture.

Le hall d’entrée avec ses escaliers de pierre et ses colonnes est de style néo-classique. Il donne un aspect théâtral et solennel à la demeure. La balustrade et les frises des plafonds sont ornées de palmettes caractéristiques de l’époque de Louis-Philippe. Les cuisines sont installées à proximité du puits et des caves. La porte principale emprunte à l’Italie la forme d’une serlienne encadrée de pilastres et de deux niches pour recevoir des bustes.

Des métairies modernes

Le cadastre de Vallet enregistre sur la propriété du Cléray la construction de maisons de ferme, écurie et remise en  1869. En cette fin du second empire, les propriétaires fonciers connaissent un véritable âge d’or avec l’essor des chemins de fer et l’augmentation de la consommation urbaine. Les prix agricoles augmentent. Mais en même temps, l’exode rural rend la main-d’œuvre plus rare et plus exigeante. Les propriétaires ont donc les moyens d’investir et intérêt à le faire pour conserver leurs employés.

Le constructeur reste fidèle à l’architecture à l’italienne utilisée depuis une cinquantaine d’années dans le vignoble pour les dépendances des châteaux. La brique et les tuiles restent des matériaux pratiques et bons marché.

C’est en 1935 que la Famille SAUVION fait l’acquisition du Château du Cléray. Dans les années 1990, la Famille SAUVION inscrit le Château du Cléray sur la liste supplémentaire des bâtiments de France.

 

Suivre les travaux de rénovation de la façade

 

 

Aujourd’hui, le Château du Cléray fait partie des propriétés de la famille Helfrich. Regroupé avec plusieurs propriétés et domaines en France sous l’égide de la Maison du Vigneron, il conserve tout son caractère. Attachée au terroir et à l’histoire du Château du Cléray, la famille Helfrich a souhaité étendre sa notoriété grâce à une boutique en ligne et une présence sur les réseaux sociaux.  Vous pourrez suivre l’évolution des travaux de la propriété sur la page Facebook dédiée !

Nous remercions vivement le Groupe Patrimoine de la Communauté de Communes de Vallet (dont Jean-Pierre MAILLARD) qui a fait des recherches sur l’histoire du Cléray. Ces recherches ont été mises à disposition du public lors des Journées du Patrimoine en 2013.

 

 

 

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